Depuis le temps où les Grecs ont compilé les figures de la rhétorique et les Chinois des listes de stratagèmes, des corps de professionnels ont voulu agir sur ce que pense ou perçoit autrui. Pour cela, ils ont développé des techniques pour convaincre, séduire ou changer les habitudes mentales par la seule force des signes – mots, images, chants, scénographies - sans violence, ni contrepartie. Leurs méthodes se réclament de la science ou des recettes éprouvées ; elles impliquent suivant les époques des discours ou des mises en scène, la maîtrise technique de flux d’informations, des réseaux humains ou électroniques, la mobilisation de médias ou la formation de propagateurs de croyance…

 

Ces collectivités se nomment suivant les périodes missionnaires ou  révolutionnaires, écoles philosophiques ou groupes pression, partis, officines, États en guerre ou agences de communication… Désormais les organisations d’influence prolifèrent : ONG, think tanks, lobbies, spécialistes du marketing politique ou des « opérations psychologiques », services d’État pratiquant la « diplomatie publique », agences et spin doctors. Sans oublier la forme paradoxale d’influence que prétend exercer le terrorisme.

 

Certes, tout ne vaut pas tout : ce n’est pas la même chose que de fanatiser une nation par le mensonge et de lancer un « buzz » astucieux sur Internet. Tous ne cherchent pas les mêmes buts : certains sont politiques ou religieux, d’autres culturels ou économiques, intéressés, identitaires ou éthiques. Les objectifs varient en situation de concurrence entre des valeurs et des projets : produire du consensus ou déstabiliser l’autre camp, formater des esprits, peser sur les décisions des élites, propager une vision du monde, gagner des marchés…. Parmi ces stratégies, il en est qui sont réservées aux machines d’État, d’autres sont à la portée d’un groupe privé qui cherche à faire partager ses valeurs ou ses objectifs. Certaines même sont accessibles au citoyen ordinaire, notamment grâce aux nouvelles technologies « tous médias ». Mais tous ces instruments destinés à persuader, inciter ou contrôler ont une cible unique : le cerveau humain.

 

Sur une période qui s’étend de l’Agora antique au Web 2.0, les pratiques s’adaptent aux valeurs et aux médias dominants

Le livre offre une vision globale des machines à faire croire, de leurs ressorts et aussi leurs limites et leurs échecs. Il remonte jusqu’aux méthodes de persuasion séculaires et démonte les propagandes qui ont marqué le XXe siècle. Il décrypte les techniques d’État postmodernes, gérant influence stratégique globale et perceptions médiatiques. Il explique comment les organisations agissant pour des intérêts financiers ou idéologiques jouent un tel rôle dans nos démocraties d’opinion en pesant sur l’attention publique et en élaborant les catégories mentales prédominantes.

Il souligne le passage de techniques de persuasion « pures » (visant à faire partager le contenu d’une affirmation ou d’une conviction) à celles qui agissent sur les codes de perception et de décision.

Puisant des illustrations dans les conflits d’avant et après le 11 septembre, comme dans les réalités de l’intelligence économique ou de la stratégie internationale, l’ouvrage propose des clefs pour comprendre mais aussi, eut-être, pour ne pas être victime.

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